PETITE CHRONIQUE ETHNOLOGIQUE ET AERONAUTIQUE DE LA CLASSE
ECONOMIQUE
(Christian G. / Texte majoritairement
autobiographique)
Edition 1 : Aout 2005 / Edition 2 : Octobre 2005
Pensée préliminaire et essentielle à la compréhension du texte suivant :
"Une preuve évidente que les constructeurs d'avions sont de grands professionnels : ils ont le souci du bétail !..."
INTRODUCTION
Amis voyageurs,
Dans notre société moderne, aseptisée, pasteurisée et lyophilisée, ne laissant
désormais que peu de place à l’aventure et à l’improvisation, le voyage en classe économique sur vols longs courriers internationaux reste une des dernières véritables expériences ethnologiques
du début de ce siècle, aussi riche en émotions, et à peine moins dangereux, que la descente nocturne en pirogue d’un fleuve Amazonien.
Aussi, après plus de trente ans de périples internationaux, pendant lesquels j’ai
déserté, plus que de coutume, la quiétude douillette de la classe affaires pour les contrées inhospitalières de la classe économique, je pense qu’il est temps pour moi de vous révéler les
résultats de mes observations scientifiques, principalement opérées sur des peuplades particulièrement hostiles, rencontrées à intervalle régulier et au péril de ma vie, au gré de mes multiples
voyages au sein de cette classe, par ailleurs de plus en plus mal fréquentée au fil des années. Puisse ce modeste témoignage vous aider à les identifier dès le décollage, afin d’en fuir au plus
vite les terribles nuisances…
Cette nouvelle édition est corrigée des fautes de Saint Taxe (qui, pour ceux qui ne
le sauraient pas, est simultanément le patron des grammairiens et celui du ministère des Finances) et enrichie du chapitre 5, sur une (excellente) idée de ceux de mes camarades qui voyagent plus
fréquemment que moi sur les lignes du soleil levant.
Chapitre 1 : Nuisance énergétique : L’adolescente sur-vitaminée
(ASV)
L’ASV, généralement envoyée en stage linguistique en Amérique latine ou en visite
chez Tante Sophie, expatriée depuis trois ans à San Francisco, voyage pour la première fois en dehors de la tutelle de ses géniteurs.
Elle en ressent une légitime fierté, cette situation lui conférant temporairement le
statut d’age adulte, donc le droit enfin reconnu par la société toute entière d’emm… à loisir son voisinage, sans se heurter en permanence aux remontrances de ses parents. Elle va donc largement
profiter de l’occasion qui lui est offerte pour manifester sa condition de primate supérieur auprès de ses voisins de cabine .
L’ASV dispose au départ d’un avantage certain car, contrairement à toute personne
physique normalement constituée, l’ASV ne dort jamais dans un avion.
Tout au long d’un vol de nuit de plus de dix heures, elle conserve la faculté de
ricaner bêtement toutes les trois minutes devant le film américain de série B en version originale dont elle ne comprend pas la moitié des dialogues puis, dès la projection terminée, d’émettre à
intervalle régulier des gloussements dindonnesques au contact quasi intime de sa console de jeux ou de son baladeur MP3.
L’ASV mâchonne pendant tout le voyage et y compris pendant les repas (!) un
chewing-gum douteux qui produit dans un périmètre de cinq à dix mètres à la ronde une odeur pestilentielle de fraise génétiquement modifiée ou de chlorophylle frelatée qui en dit long sur le
niveau désormais atteint par le lobby industriel américain pour laminer définitivement les valeurs fondamentales de notre jeunesse Occidentale.
L’ASV ne tient pas en place et s’agite perpétuellement, dans toutes les directions
que lui permet encore, pour quelques courtes années, l’exceptionnelle souplesse de son corps d’enfant...
Personne ne sait vraiment d’où lui provient cette extraordinaire énergie.
Lorsqu’elle se rassoit sur son siège (et c’est en général plusieurs fois par heure, compte tenu de son activité débordante) elle se rejette violemment en arrière de tout son poids sur son
dossier, en n’oubliant pas d’actionner dans le même temps la commande d’inclinaison dudit dossier. Cette astucieuse synchronisation a pour effet de créer un séisme de magnitude 8 sur le plateau
repas du voisin de derrière, qui rattrape in extremis son gobelet de café, une fraction de seconde avant de ressentir une douleur violente dans le sternum, attaqué de face et par surprise par le
bord tranchant de sa tablette rabattable.
Aussi, après six à huit heures de vol insomniaque, tous les proches voisins de l’ASV
n’ont alors plus qu’un seul rêve : Celui de se jeter sur elle pour la déshabiller violemment.
Pourquoi, me direz-vous, de pacifiques voyageurs pourraient-ils exercer autant de
violence sur un être mineur, encore fragile et innocent ? Tout simplement dans l’espoir secret de découvrir, quelque part sur son corps d’être bionique, l’interrupteur caché qui mettra enfin un
terme à cette débauche énergétique, et leur permettra de dormir au moins quelques minutes lors des trois heures qu’ils leur restent encore entre le survol de la Floride et l’atterrissage à
Mexico City.
Chapitre 2 : Nuisance morphologique : L’obèse
Américain
Peut on être obèse sans être Américain et vice-versa ?
La question n’est pas si simple et ne se pose probablement pas en ces termes. La
suralimentation simultanée des moteurs à explosion et des peuples Occidentaux a généré depuis cinquante ans des populations d’obèses dans de nombreux pays du monde. Toutefois, ce qui distingue
l’obèse Américain des autres obèses, en particulier Européens, c’est son obésité "circulaire". A la différence de l’obèse "standard", qui présente une panse proéminente s’intégrant aisément dans
l’espace restreint situé sous la tablette rabattable destinée aux plateaux repas, sans présenter de risques majeurs pour ses voisins de cabine, et pouvant même lui procurer un certain confort
d’amortissement en cas d’atterrissage violent, l’obèse Américain affiche avec fierté son obésité de manière également répartie aux quatre points cardinaux.
Ce constat traduit de manière évidente l’avantage décisif du Mac Donald aux hormones
et du Coca-Cola transgénique sur la bière Allemande et le cassoulet au confit d’oie, et ce sujet mériterait, à n’en pas douter, l’attention prolongée des scientifiques diététiciens du monde
entier.
Cette caractéristique morphologique exceptionnelle permet à l’obèse américain
d’envelopper de sa graisse surabondante, non seulement l’espace situé devant lui, mais également les accoudoirs, qu’il devrait en toute logique partager équitablement avec ses deux voisins
latéraux. Cette aptitude étrange l’apparente à certains héros improbables et gélatineux de science-fiction, dont le corps se modèle et s’adapte perpétuellement aux formes géométriques de leur
environnement. .
A ce titre, on peut supposer que l’obèse américain a largement inspiré les
scénaristes de la Guerre des Etoiles pour la création du personnage de Jabba le Hutt.
Se retrouver englué, sans aucune possibilité de mouvement, et cela dix heures
durant, entre deux obèses Américains, reste, pour celui qui l’a vécu, une expérience humaine inoubliable, même si elle conduit fréquemment à des traumatismes psychologiques irréversibles chez les
personnes sensibles.
Notons, toutefois, que les séquelles physiques liées à cette épreuve, qui
s’avéraient parfois dramatiques il y a vingt ans, sont de nos jours de plus en plus rares. Soyons pour cela reconnaissants aux sympathiques stewards et hôtesses des compagnies aériennes modernes,
qui ont appris les gestes qui sauvent, et qui sauront, dans la plupart des cas, déclencher à temps les masques à oxygène à votre attention, puis vous désincarcérer avec douceur, au pied de biche
ou à la scie sauteuse, quelques minutes après l’atterrissage.
Chapitre 3 : Nuisance sociale : Le comité
d’entreprise
Constitué d’une horde approximative et multicolore de quinze à trente individus,
d’origine Française ou Auvergnate, les membres du Comité d’entreprise, même s’ils sont en général disséminés dans la cabine économique par les effets pervers du surbooking, de l’incompétence des
agences de voyage ou de la réservation aléatoire par Internet, s’identifient aisément entre eux par un signe de ralliement, toujours du meilleur goût, qui les distingue immédiatement des autres
passagers. Citons quelques exemples caractéristiques parmi tant d’autres : Casquette jaune comportant de manière ostensible le logo d’une grande marque d’apéritif anisé, énorme sticker rouge
distribué à l’aéroport d’embarquement par la généreuse agence de voyages et collé en évidence sur la poitrine, ou, plus modestement, tee-shirt fluorescent, flocké la veille du départ
d’inscriptions énigmatiques, dont le sens caché échappe aux non initiés (Exemple : « Bolivie 2003 / CE La Poste »).
Leur population se divise clairement en deux clans : Ceux qui prennent l’avion pour
la première fois et qui, de ce fait, vont s’interdire de dormir pendant tout le voyage afin de profiter au mieux de ce moment unique de leur vie touristique, et ceux qui ont déjà pris l’avion au
moins une fois auparavant et vont donc se faire un devoir de charité socialiste d’expliquer à leurs collègues néophytes (pardon…leurs camarades en formation) les règles élémentaires de
l’aéronautique et du tourisme international.
Cette franche solidarité va initier un ballet sans interruption de plusieurs heures
dans les allées de la cabine éco, mouvement brownien en comparaison duquel l’agitation d’une fourmilière par temps d’orage s’apparente à une nature morte. Quelques exemples de cette agitation
surréaliste, choisis au hasard mais néanmoins représentatifs de ce cataclysme moderne :
- Roger, au siège 35F, allant régulièrement expliquer à Ginette au siège 28A à la
verticale de quelle ville l’avion se trouve et pourquoi il y a des trous d’air. Cette dernière tâche étant éminemment ardue et nécessitant parfois plusieurs heures d’enseignement, dans la mesure
où Ginette a toujours pensé, depuis la consommation de son premier Emmenthal, que les trous et l’air étaient composés du même matériau.
- Marcel, au siège 44B, se levant toutes les demi-heures pour aller immortaliser les
uns après les autres tous les membres du CE, grâce à son appareil photo jetable doté d’un flash suffisamment puissant pour surprendre violemment dans leur sommeil tous les passagers des rangées
voisines, délicatement assoupis depuis quelques minutes et ainsi brutalement ramenés à la dure réalité de la vie en économie collectiviste. (Au passage, un conseil de photographe expert : On
devrait toujours jeter les appareils jetables avant de faire les photos et non après !)
- Gaston, le boute en train, navigant perpétuellement et sans fatigue apparente
entre les rangs 18 (famille Bergougnoux) et 45 (Robert, le trésorier du CE) pour raconter ses habituelles histoires drôles, que tout le monde connaît depuis 1998 , en les ponctuant de grands
éclats de rires qui ébranlent les racks à bagages, et qui lui ont assuré sa réputation de meilleur camarade de l’équipe, jusqu’à le rendre désormais indispensable à tout périple international du
CE digne de ce nom.
Tout ceci crée une saine ambiance conviviale et festive au sein de l’avion dont
profite largement l’ensemble des autres passagers. Ceux, d’ailleurs, qui ne voudraient pas en profiter sont automatiquement exclus du cercle intimiste de cette joyeuse confrérie et font
rapidement l’objet des railleries les plus infâmantes, que nous éviterons de reproduire ici, par respect pour notre belle langue Française et par peur de la censure.
Il est à noter enfin qu’une des coutumes les plus traditionnelles des membres du CE
est d’applaudir stupidement et frénétiquement tous ensemble dès que l’avion a touché le sol. Il s’agit probablement là d’une manifestation cabalistique sauvage, propre aux syndicats ouvriers, que
mon manque d’expertise de ces sociétés secrètes ne me permet pas de vous expliquer avec plus de détails. Quel qu’en soit sa signification rituelle, ce signal est en général perçu avec un profond
soulagement par tous les autres passagers qui comprennent dès cet instant qu’ils n’ont plus que quelques minutes à devoir supporter cette longue humiliation
IMPORTANT : Il s’avère malheureusement que d’autres groupes hostiles (Clubs du
troisième age, Allemands en shorts au mois de Novembre, Japonais en vacances ne disposant que de six jours pour visiter quinze pays Européens,…), pourtant non apparentés à des comités
d’entreprises, peuvent adopter des comportements dévastateurs très similaires à ceux précédemment décrits. Aussi, dans tous les cas, et par mesure élémentaire de sécurité, on recommandera
fortement au voyageur soucieux de sa tranquillité, de rompre tout contact, dès le décollage, avec les groupes de touristes non clairement identifiés et de n’adresser exclusivement la parole qu’à
des voyageurs isolés.
Chapitre 4 : Nuisance acoustique : Le gniard
hurleur
Espèce endémique à la classe économique, le gniard hurleur (age moyen : un à quatre
ans) émet des cris stridents à vous glacer le sang toutes les dix minutes tout en s’assurant à intervalle régulier par un habile coup d’œil circulaire, qu’aucun des passagers de la cabine ne
parvient à dormir confortablement. Ses cris redoublent d’ailleurs de puissance s’il s’aperçoit qu’un passager plus résistant que les autres s’avise de fermer l’œil pendant plus de trois minutes
consécutives L’analyse vibratoire des cris du gniard hurleur par une Université Américaine a mis en évidence, outre une intensité exceptionnelle dans les fréquences audibles, un large spectre de
fréquences ultrasoniques, qui le classe définitivement parmi les espèces extra-terrestres.
Le gniard hurleur provoque l’insomnie et la panique générale chez tous les passagers
de la cabine, excepté ses parents, qui paraissent toujours conserver une attitude calme et paisible, voire distante, face aux débordements démoniaques de leur progéniture.
Il apparaît, après une enquête
approfondie, que ce courageux comportement est en fait conditionné par un apprentissage de résistance à la douleur prolongée, acquis avec patience lors d’un stage spécialisé de trois semaines, au
sein d’un monastère bouddhiste reculé de l’Himalaya. (Formulaire d’inscription disponible sur le site Internet "jedoispascraquer.com)"
La concentration de gniards hurleurs
varie, selon les vols, de un à trois par avion. Ces variations saisonnières sont assez logiquement corrélées aux habituelles périodes de reproduction de l‘espèce, plus connues sous le nom de
congés payés.
On a cependant pu dénombrer, même si cela
reste exceptionnel, jusqu’à six gniards hurleurs en période estivale sur certains vols vers l’Amérique du Nord.
En forte concentration, l’instinct
collectif et solidaire des gniards hurleurs leur permet de hurler à tour de rôle, ce qui facilite la constance de leur nocivité sans accroître pour autant leur fatigue
respective.
Cette stratégie est particulièrement efficace pour s’attaquer à des vols d’une durée
supérieure à huit heures. Certaines catastrophes aériennes récentes encore inexpliquées pourraient ainsi trouver leur origine dans une concentration surabondante de gniards hurleurs, ayant
progressivement poussé au suicide la totalité des membres d’équipage pendant le survol de l’Atlantique Nord.
Phénomène étrange : Sa pollution sonore cesse miraculeusement dès lors que le gniard
hurleur franchit le seuil de la classe affaires ou lorsqu’il quitte l’avion… Aucun scientifique crédible n’a pourtant réussi à ce jour à expliquer cette fascinante énigme de la zoologie
aéronautique.
Malgré son exceptionnel pouvoir de nuisance, le gniard hurleur reste néanmoins
protégé par la Convention de Genève, qui régit le traitement des prisonniers de guerre pour l’ensemble des conflits armés internationaux.
Par conséquent, son abattage sans sommation dans les deux heures qui suivent le
décollage est fortement déconseillé car cet acte, bien que de légitime défense, est, à quelques exceptions près, passible de lourdes poursuites judiciaires.
Dommage…
Chapitre 5 : Nuisance exotique : Le Chinois
voyageur.
Le Chinois voyageur est une espèce nouvelle, logique conséquence de la mondialisation de l’économie, apparue depuis une dizaine
d’années à bord des aéronefs, en concentration préférentielle sur les compagnies aériennes Extrême-orientales car il voue une haine profonde au rôti de veau - purée et à la paella
Valenciana.
Le Chinois dort peu, travaille beaucoup, ne conteste pas les ordres, et se contente
d’une rémunération dérisoire en comparaison de ses heures travaillées. Il est donc logique qu’il ait intéressé très tôt les entreprises multinationales qui peuvent ainsi lui confier à bas coût la
fabrication des consoles de jeu destinées à lobotomiser à grande échelle les adolescentes sur vitaminées dont nous avons parlé plus haut.
En favorisant ce lucratif échange "culturel" Est - Ouest, ces multinationales assurent ainsi aisément, et sans doute encore pour plusieurs siècles, leur domination totale sur le
monde dit "civilisé".
Au sein d’un avion, le Chinois voyageur s’ennuie profondément en classe
économique où l’exiguïté de l’espace ne lui permet pas de travailler, ce qui est pourtant son unique véritable loisir.
Comme le Chinois dort peu, il s’adonne alors consciencieusement à trois activités
principales : le déplacement transversal (activité prédestinée quand on appartient à l’Empire du milieu), le bavardage à haute voix avec ses compatriotes, et l’absorption de ses nourritures
favorites.
- Côté déplacement transversal, le Chinois éprouve visiblement un plaisir presque
sadique à piétiner sans vergogne les jambes allongées de ses voisins de rangée. Cette habitude, sans doute héritée des plus ancestraux supplices Chinois, devra vous encourager à éviter absolument les effets dévastateurs et quasi permanents du Chinois dit « côté hublot »
- Côté bavardage avec ses compatriotes, si la langue Chinoise s’écrit en
délicieux idéogrammes, dont l’esthétique calligraphie n’échappera à personne et fait encore aujourd’hui le succès des meilleures galeries d’art du seizième arrondissement, malheureusement, et a
contrario, cette langue ne se parle pas avec le même bonheur : Elle s’explose approximativement en rafales aléatoires et grinçantes, un peu telle une mitrailleuse anti-chars spasmodiquement
enrayée en plein tir sous l’effet de la corrosion marine !
En conséquence directe, toute conversation simultanée, et en général à voix haute,
de plus de trois Chinois voyageurs est à même de couvrir presque intégralement le bruit puissant des quatre réacteurs d’un Airbus A340, lancés à plein régime.
- Côté régime justement, lorsque le Chinois s’immobilise pour quelques minutes sur
son siège, il ingurgite avec une délectation qui frise l’inconscience, tout en l’accompagnant de bruits de déglutition apocalyptiques, ces fameuses soupes Asiatiques déshydratées dont l’odeur
quand on les mange et quand on les vomit est à peu près similaire, ce qui laisserait supposer qu’elles sont originellement composées, à parts égales, de sucs gastriques et d’aliments
prédigérés.
Cette nutritive activité assure au sein de la cabine la diffusion uniforme d’un
aérosol de miasmes putrides dont on peut légitimement craindre les effets pervers, assez proches de ceux des gaz de combat, sur la santé du voyageur Européen normalement constitué (…ce qui
confirme la vive opposition des Chinois à la constitution Européenne).
Ainsi, grâce à ses trois occupations favorites, le Chinois voyageur, malgré sa
morphologie plutôt ordinaire, voire insignifiante, peut occuper, avec un égal talent, la totalité des espaces matériel, sonore et olfactif de la cabine et vous assure, dès l’embarquement à Paris
une immersion quasi parfaite dans l’atmosphère grouillante des marchés de Mongolie Intérieure.
Il est toutefois difficile de lui en tenir rigueur…
En effet, le Chinois est passé, en l’espace d’un siècle, de la société impériale et
sans merci des Mandarins, à l’enfer rouge et collectiviste du Maoïsme, puis à la production industrielle en très grande série de jouets en plastique
fluorescent et de théières émaillées à motif floral, désormais en vente partout à moins de 2 Euros, toutes taxes comprises, jusque dans les endroits les plus reculés de la
planète.
Victime d’autant de violents traumatismes successifs en un temps aussi bref, il
n’est donc pas étonnant qu’il ait au passage raté quelques étapes de l’éducation de base, centrée sur le respect de ses voisins, que requiert habituellement toute vie paisible en
sociétè
ANNEXE 1 (BIBLIOGRAPHIQUE) : Des témoignages de
l’histoire
« Le vrai sage médite rarement en classe éco »
Confucius (485 avant JC)
« Honnie soye la classe éco, qui ne promoit point le repos
»
Epitaphe de la tombe d’un voyageur anonyme du onzième
siècle.
Abbaye de Glenfiddich (Ecosse)
« La prochaine fois, je viendrai à cheval »
Attribué par Saladin à Saint-Louis lors de sa descente du vol Crusadair
Paris-Constantinople en juillet 1254
« Ce que j’ai fait, aucune bête ne l’aurait fait
»
Henri Guillaumet (après son dramatique survol des Andes en classe éco, en Juin
1930)
ANNEXE 2 (Gastronomique)
« On doit reconnaître que les vignerons du Sud - Ouest ont fait beaucoup de
progrès ces dix dernières années. Par chance pour le maintien du plein emploi en Languedoc-Roussillon, ceux qui n’en ont pas encore fait ont toujours la possibilité d’écouler leur production en
toute impunité sur Air France en classe économique »
Les acides - Collection « La chimie à la portée de tous »
2005