Dimanche 19 décembre 2010 7 19 /12 /Déc /2010 17:30

Over-Blog n'a rien trouvé de plus intelligent que de truffer les blogs de pub envahissante, après 45 jours d'inactivité du blog...  Ce qui m'oblige à une désinfection régulière pour que cet Over-Blog ne se transforme pas en Over-Dose

 

Dernier passage de dératisation publicitaire : 30 décembre 2011 

 

Une publicité aussi discrète que les enseignes néon de Las Vegas et dévastatrice comme un éléphant ivre dans un magasin de porcelaine de Limoges...

 

De la pub gluante qui donne envie de boycotter instantanément tous les annonceurs concernés (si ce n'est pas déjà fait pour moi, car j'ai cru y voir passer la malbouffe du clown Ronald ! )  

 

Etrange utilisation des blogs, non ?

 

On peut comprendre aisément le besoin de financement d'Over-Blog (l'argent est le nerf de la guerre) mais les administrateurs de ce site ne sauraient-ils pas construire des espaces publicitaires discrets et intelligents, qui ne viennent pas empièter, ni sur le titre, ni sur les textes ?

Et bien non ! Les notions d'esthétique élémentaire leur sont totalement inconnues !

 

Ou alors pénalisent-ils la faible activité des blogueurs, en pensant qu'il vaut mieux écrire des stupidités à longueur de clavier que rien n'écrire du tout ? 

 

Personnellement , j'ai choisi et j'espère que personne ne s'en plaindra ! ..)

 

Bonne lecture à tous (sans pub envahissante qui bouffe l'imagination créative de l'auteur et la concentration du lecteur )..

Par ChristianG
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Dimanche 11 juillet 2010 7 11 /07 /Juil /2010 09:14

PETIT TEXTE DELIRANT ET ICONOCLASTE, sans réelle prétention historique ou religieuse, mais à prétention délibérément humoristique...

 

Résumé : "Le déluge = 40 jours sans bistro = L'horreur absolue  !" ou "Boire ou conduire, il faut choisir !" 

 

Réhabilitons Noé qui, plusieurs millénaires avant l'arche de La Défense, prenait déja, avec une incommensurable abnégation qui force le respect, la défense de l'Arche !

 

Noé, ultime sauveur de l'espèce animale, qui n'a pourtant gardé auprès du grand public que sa réputation désastreuse d'alcoolique presque anonyme...

 

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Observez en détail les mines consternées des animaux... et celle de Noé, qui attend impatiemment le retour à la terre pour déboucher en cachette un Jeroboam ou un Mathusalem de Champagne (en légitime hommage à ses ancêtres disparus), avec ses rares vieux copains et copines survivants, tristes victimes du surbooking maritime, rejetés piteusement de l'Arche par le service d'ordre divin... et de surcroit au profit de pitoyables animaux sans personnalité, et la plupart du temps à l'hygiène douteuse !

 

Par chance, l'humanité doit à l'instinct de survie et à la natation synchronisée de l'avoir échappé belle, car si Noé avait seul survécu, nous serions probablement aujourd'hui de modestes descendants de la girafe, croisée avec un boeuf musqué !

 

Comment ne pas comprendre alors la détresse oenologique et dipsomaniaque (mais oui, ça existe, ouvrez un dictionnaire !) de ce navigateur presque solitaire !

 

Que celui qui n'a bu pendant quarante jours que du Coca Light chaud et du jus de tomate en bouteille plastique soldé à moins d'un euro vingt-cinq chez Lidl ou chez Leader Price lui jette, selon le niveau de son pouvoir d'achat, la première canette vide de Kanterbrau ou de Pilsner Urquell  !

 

Quarante jours sans vin, ni saké, ni pur malt, ni Tequila Sunrise, c'est à vous dégoûter définitivement de vous être investi, bénévolement, et à la seule demande à peine appuyée du Tout-Puissant, dans la noble cause de la défense d'animaux à la c... (j'ai bien dit "à la c...", car on oublie trop souvent que la licorne, qui faisait fréquemment la sieste aux côtés de ce fainéant de Noé quand son épouse était de corvée de nettoyage sur le pont, a quand même failli lui crever accidentellement un oeil à plusieurs reprises en tournant brusquement la tête pendant son sommeil ! En conséquence, et nonobstant le caractère doux et les évidentes vertus esthétiques de cet animal aujourd'hui disparu, on ne peut que féliciter Noé de l'avoir généreusement confiée à une boucherie chevaline à son retour, car ça nous a au moins évité des générations de borgnes...)

 

Circonstance aggravante pour le pauvre patriarche (surnom hérité de sa devise "Travail-Famille-Patrie-Arche", plagiée beaucoup plus tard par un usurpateur insipide à képi étoilé, malheureusement doté de convictions religieuses assez antagonistes du sus-Noé, ce qui l'a conduit à des actes extrêmes et inconsidérés, jugés aujourd'hui, à juste titre, peu recommandables), il faudra encore attendre quelques siècles d'Histoire Sainte avant de trouver un véritable expert en chimie organique et en cuisine moléculaire qui réussisse enfin à transformer l'eau en vin (et en vain par la même occasion, car il ne nous a pas laissé la recette... ce que l'on ne peut que regretter quand on voit le prix inabordable du Corton-Charlemagne et du Côte-Rôtie, même à Monoprix durant la foire aux vins...)

 

Trop tôt, donc, pour espérer du Seigneur un déluge salutaire de Crozes-Hermitage, de Saint-Emilion grand cru classé... ou même de Chateau Kefraya libanais rosé bien frais, pourtant un peu moins couteux d'importation au Moyen-Orient !

 

Et pour parfaire notre légitime plaidoyer pour ce saint homme, n'hésitons pas à mettre en exergue que ledit Noé, indépendamment de ses évidentes qualités de défenseur des espèces menacées et de son talent d'explorateur insatiable des océans, qui auraient du lui valoir des obsèques au moins aussi somptueuses que celles du commandant Cousteau, a eu l'immense mérite d'arrêter définitivement de conduire l'Arche avant de commencer à boire sans modération...
Ne serait-ce que pour ce geste éminemment civique, il mérite notre respect !
 
Conclusion qui s'impose naturellement (et on se demande même comment personne n'y a pensé plus tôt !) :

La Bible est impitoyable envers ses héros mythiques dont certains méritent pourtant mieux que cette impopularité tenace, qui perdure depuis plusieurs millénaires !

Réparons donc dans les plus brefs délais cette inadmissible injustice et réhabilitons une fois pour toutes la mémoire de ce brave Noé !

Merci pour lui... et pour la qualité de l'éducation religieuse des générations futures...

 

Christian G / Juin 2010

Par ChristianG
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Vendredi 9 juillet 2010 5 09 /07 /Juil /2010 21:28

Si vous aimez les textes, allez voir les photos (navrantes aussi !)

 

http://www.flickr.com/photos/27857697@N05/

Par granchri
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Samedi 21 novembre 2009 6 21 /11 /Nov /2009 16:34

Je n’aime pas les carnets de voyage !…

En quarante ans de voyage, j’ai accumulé en vrac des milliers de souvenirs, jetés pêle-mêle au fond de ma mémoire comme au fond d’une chambre d’étudiant.

Certains bien mis en évidence sur l’étagère, d’autres à même le sol, et certains blottis et oubliés sous le lit, que l’on ne redécouvrira que plusieurs années plus tard, lors d’un improbable rangement ou d’un déménagement rendu nécessaire par l’exigüité des lieux.

Je n’ai surtout pas  la patience désespérante et inutile de noter scrupuleusement et mécaniquement tous mes faits et gestes en voyage (« Nous nous sommes levés tôt pour enregistrer les bagages à l’aéroport »  «  Les chambres de l’hôtel étaient délicieuses » « Le taxi pour le centre ville nous a coûté six dollars cinquante ») car j’ai toujours pensé que la tenue détaillée et comptable de ses activités de voyageur  fait très rapidement oublier ce qui constitue l’essentiel d’un voyage, ces étranges sensations intimes et fortes qui éclairent à intervalle régulier le parcours du voyageur et qui sont pour moi toujours indescriptibles, sauf si l’on a le talent littéraire d’un Stendhal ou d’un Pierre Loti, ce qui ne sera jamais mon cas…

 

Il faut donc laisser de l’espace à la mémoire défaillante au fil des années, pour qu’elle ne s’appuie pas exclusivement sur des lignes maladroitement griffonnées à chaud sur un petit carnet à spirale perdu au fond du sac à dos…

Si l’on n’y prend garde, le carnet de voyages peut tuer les vrais souvenirs, car il est nécessairement illusoire de vouloir recréer le charme d’un hôtel disparu à la simple lecture, même attentive,  de son livre des comptes !

Je n’écrirai donc jamais mes mémoires voyageuses…et personne ne s’en plaindra !

 

En conclusion, et si l’absence d’écriture et d’enregistrement autre que photographique me satisfait pleinement, des éclairs de mémoire ressurgissent toujours à intervalle régulier, souvent dix ou vingt ans après, et il me prend parfois l’envie égoïste de redonner vie par le texte à de petites anecdotes insignifiantes de voyage, comme pour regretter un peu (mais pas longtemps !) d’avoir dilapidé volontairement mon capital souvenir en refusant obstinément son enregistrement écrit systématique.

 

Ci-dessous quelques exemples de cette réminiscence voyageuse

 

J’espère qu’ils vous distrairont quelques instants

Par Christian G...
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Samedi 21 novembre 2009 6 21 /11 /Nov /2009 16:29

Entre Luleä, Galliväre et Kiruna / un jour de juin 1985... (texte écrit en 2008)

Je ne sais pas pourquoi, mais depuis ma plus tendre enfance, j’ai toujours eu envie de me constituer un "palmarès" de voyages : Voir la mer, voir le désert, voir les îles paradisiaques, voir les sommets de l’Himalaya, voir le Taj Mahal, voir l’hémisphère Sud, voir des animaux ou des plantes inconnus en Europe, voir les cinq continents,…

Une sorte de tableau de chasse personnel et intime (je n’en retire pourtant que fort peu de fierté personnelle) uniquement motivé par une soif irraisonnée et irrationnelle de découverte, sans doute héréditaire et incurable.

En ces jours de juin 1985 et après près de vingt ans de vie voyageuse déjà agitée, je réalise soudainement que je n’ai toujours pas assisté au spectacle du soleil de minuit et j’en ressens instantanément une frustration quasi infantile.
Une "virginité" quasi inacceptable dans mon cursus de grand voyageur, qu’il me faut donc nécessairement effacer au plus vite…

Puisque voilà près de six mois que je suis en Suède et que mon employeur local m’a "offert" le week-end de la Saint Jean, ma décision est donc prise depuis quelques jours : Ce sera ce soir ou jamais !…

Le long ruban d’asphalte se déroule uniformément du Sud au Nord depuis plusieurs centaines de kilomètres…
Une étrange monotonie, que j’ai souvent rencontrée en Suède du Nord et qui semble figer ces contrées hors du temps et de l'espace, l'été comme l'hiver...
Une monotonie dont je ne me lasse pourtant jamais…
J’aime la Scandinavie pour ce qu’elle et ses habitants ont de paisible et d’immuable... Solidement accrochés au temps…et loin du temps à la fois…

Le large serpent de bitume continue de se faufiler, sans véritable difficulté, à travers une immense étendue presque plate, habillée d’une forêt clairsemée aux couleurs sombres, à la ligne d'horizon parfois entaillée au loin par une petite colline boisée de couleur plus tendre, et parsemée de petits lacs immobiles dans lequel se mirent de minuscules nuages, égarés comme par mégarde dans le ciel bleu pâle de l’été scandinave.

Mon véhicule avale gloutonnement les kilomètres mais j’ai l’impression que pas un arbre n’a changé autour de moi depuis plusieurs heures…
Seul le petit compteur hectométrique qui tourne régulièrement devant mes yeux et le ronronnement rassurant du moteur réussissent encore à me convaincre que je ne suis pas en train de faire du sur-place.

Afin de soutenir mon attention et d’éviter la somnolence, je m’amuse à rechercher de part et d’autre de la route les quelques rares rennes égarés du troupeau qui s’aventurent plus près du bitume pour savourer quelques jeunes pousses plus tendres que les autres, car alimentées par l’eau accumulée dans les fossés durant les dernières semaines abondamment pluvieuses.

Par chance pour moi, le soleil brille sans concession maintenant depuis deux jours.

Je repense à mes jours précédents, à ces festivités dans tous les petits villages du Norbotten et de la Laponie, célébrant dignement les lueurs de la Saint-Jean, aux petites filles blondes au front ceint de couronnes de fleurs, au vieux Lapon en tablier de cuir rencontré hier un peu par hasard, hors des circuits touristiques, et qui m’a expliqué, au milieu des odeurs âcres et parfois difficilement supportables de sa tannerie, mais dans un anglais presque parfait, tous les secrets de la fabrication du cuir de renne.
Je savoure à la fois la douceur et la fraicheur de l’été suédois, qui me font oublier les températures extrêmes (jusqu’à moins 45 degrés) qu’il m’a fallu endurer lors de l’hiver précédent.
Je comprends pourquoi les Suédois attachent autant d’importance à ces rares jours de pleine luminosité, qui leur permettent d’accumuler l’énergie et les ressources nécessaires pour résister à l’hiver suivant, dans un pays ou l’on a l’impression qu’il n’y a véritablement que deux saisons, pour les hommes comme pour les animaux.
Mais mon esprit est ailleurs car je sais que le soleil de minuit m’attend !

Cercle polaire : Une grappe informe de touristes bigarrés s’agglutine et s’auto-photographie au pied du panneau de bois fraichement vernis qui indique le passage de cette ligne virtuelle…Deux mots magiques : "Polar circle" !
Assez peu sensible à ce type d’autoportraits ridicules devant un insignifiant panneau de signalisation, sans aucun intérêt à mes yeux, mais dont les clichés encombrent pourtant tous les albums photos de ceux qui ont été au cercle polaire l’été précédent, je ne m’arrête même pas un court instant pour savourer avec eux le passage symbolique de cette frontière, qui n’a de magique pour moi que dans sa signification astronomique, puisque "mon" soleil de minuit m’attend désormais de ce petit côté de la calotte du monde et que la quête de mon nouveau Graal personnel et touristique sera bientôt assouvie.

Grâce à mes amis suédois, j’ai réservé à une cinquantaine de kilomètres au Nord du cercle polaire, un petit bungalow de bois en pleine forêt.
J’arrive vers 18 heures au creux de ce paradis terrestre, dans un état de fatigue néanmoins avancé, après ces longues heures de concentration automobiliste, le long de ma route solitaire et septentrionale...
A peine sorti de la voiture, les premiers moustiques m’attaquent violemment en signe de bienvenue et me forcent à m’enfermer rapidement à l’intérieur du petit bâtiment
Comme je suis de plus en plus impatient de connaître mon émouvante nouvelle expérience, je décide avec sagesse de m’accorder un peu de repos pour mieux profiter de l’événement à venir.
Je m’enferme dans ma chambre après avoir tiré soigneusement les lourds rideaux pour tenter de lutter (sans grand succès) contre la luminosité ambiante.
Je me réjouis d’avance du futur spectacle de l’astre "diurne" effleurant doucement et tangentiellement le petit lac que j'ai repéré en arrivant à quelques dizaines de mètres du petit chalet, et qui constituera le décor naturel de ma première photo de soleil de minuit.
Je pose mon appareil photo bien en évidence sur une chaise près de la porte du bungalow car je sais que, l'heure venue, toute seconde me sera comptée...
Je programme mon petit réveil à 23h50 et je sombre rapidement, tout habillé et étendu sur le couvre-lit, dans un sommeil inhabituellement agité

23h50 précises : Mon état de nervosité me permet de bondir presque instantanément du lit à la première tonalité de la sonnerie du réveil.
A travers les interstices du rideau, je vois instantanément qu’il fait encore faiblement jour à l’extérieur…
Mon excitation est portée à son comble !
J’empoigne violemment la courroie de mon appareil et me précipite vers l’extérieur.

Au dessus de la forêt, le ciel est noir et chargé…
La pluie commence à crépiter violemment sur tout le paysage alentour.
De lourdes gouttes d’orage s’écrasent sur mon visage…
Le soleil n’est pas venu à mon rendez-vous…
Je retourne désespérement et piteusement me coucher !

 

SUEDE 1 vf

 

P.S : Le soleil était là...le lendemain !

Par Christian G...
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Samedi 2 juin 2007 6 02 /06 /Juin /2007 19:29

Lake Louise (Rocheuses Canadiennes) Août 1996

ACTE 1 / 7h30 du matin

Comme presque tous les jours depuis une semaine, le timbre strident de mon petit réveil de voyage m’a extrait violemment de ma torpeur, quelques minutes avant l’aube.

Ce réflexe incongru (tous mes amis me disent qu’il n’est pas raisonnable de se lever tôt en vacances, même quand on voyage seul) m’a quand même permis de voir pour la première fois de ma vie des ours et des loups en liberté, seul à quelques dizaines de mètres d’eux.
Ce n’est donc pas à mon âge que je vais renoncer à ces petits plaisirs de la vie et changer soudainement mes habitudes.

Je suis seul et heureux, à des milliers de kilomètres des tristes brumes parisiennes.
A l’issue des 50 kilomètres parcourus, sans croiser âme qui vive, le long de la large route sinueuse de montagne, dans la faible lumière du point du jour, je gare le plus silencieusement possible ma petite Pontiac bleue métallisée non loin du parking du grand
hôtel Fairmont Chateau.

 

 

C’est une de ces imposantes bâtisses, construites initialement pour les aventuriers voyageurs des années trente, et dont l’extension progressive, mélangeant avec plus ou moins de bonheur tous les styles architecturaux, a simultanément accompagné l’accroissement violent de tous les flux touristiques qu’a connu le vingtième siècle.

Ces bâtiments défigurent trop souvent la pureté des paysages de montagne, comme celle de la plupart des grands sites naturels du monde.

Leur seule raison d’être, qui est généreusement suffisante à leur survie, est de permettre aux voyageurs fortunés d’aujourd’hui de pouvoir contempler à loisir, depuis les hauteurs de leurs balcons privatifs, des panoramas spectaculaires sur les sites les plus éblouissants de la planète.

La seule découverte des tarifs exorbitants des chambres m’a contraint, la veille, à descendre un peu plus bas dans la vallée, vers Banff, pour trouver un hébergement plus à la mesure de mon budget estival.

 

 Sans plus m'attarder sur la silhouette encore sombre du grand édifice de pierre, où seules quelques fenêtres isolées commencent à donner signe de vie, je me glisse rapidement et en silence vers les bords du lac endormi, distant de quelques centaines de mètres.
Je suis arrivé à temps : Les premiers rayons du soleil s’immiscent à travers les hautes cimes et les grands conifères qui entourent la profonde vallée glaciaire au fond de laquelle repose le lac. Ils frappent déjà l’eau, légèrement agitée en surface d‘un vacillement de fines facettes d’argent, œuvre éphémère de la brise fragile qui accompagne toujours en altitude le lever du soleil.

Après quelques longues minutes d’attente, délicatement, les petits rochers glaciaires du bord du lac reçoivent enfin leur première chaleur du jour.
C’est le signal qu’ils attendaient… Ils sont là, comme chaque jour !

Des dizaines, peut-être des centaines, de petits tamias !

Les tamias, vous les connaissez surement, ce sont ces minuscules écureuils nord-américains aux grands yeux soulignés de blanc, décorés de fines bandes grises et brunes sur le dos, et qui ont si souvent inspiré Walt Disney et de nombreux autres créateurs de dessins animés…

 

Les tamias se réveillent les uns après les autres, surgissent d’on ne sait où, bondissent de rocher en rocher et jouent ensemble à s’attraper comme de très jeunes enfants dans une cour de maternelle, à deux ou trois mètres seulement de moi, entre le sentier et la rive abrupte du lac.
Je commence sans tarder la séance photo.

Je colle fermement le boitier à mon œil droit.

Je « respire » la lumière rasante.
J’affine les derniers réglages de diaphragme et de vitesse.
J’essaie de tout oublier pour concentrer toute mon attention dans le viseur et capter leurs mimiques fugaces sur le ruban de ma pellicule…

J’ai déjà déclenché rapidement une dizaine de fois lorsque le bruit insistant du moteur de mon boitier reflex m'incommode tout à coup… Je comprends alors très vite qu’il incommode surtout les tamias, qui, s’ils sont visiblement flattés de ma présence pacifique et de l’admiration muette que je leur porte, restent beaucoup moins complaisants envers la sonorité métallique agressive de mon vieux compagnon de voyage, qui perturbe, à intervalle régulier, leurs échanges de petits cris à peine perceptibles.
Je décide alors et soudainement d’arrêter la séance…

Après tout, il y a toujours une vie après la photo !

 

Progressivement, je m’abandonne pendant de longues minutes à la contemplation presque enfantine de l’insouciance de ces petits rongeurs, des premiers grands oiseaux noirs qui survolent le lac à haute altitude et des roseaux qui dodelinent doucement de leurs têtes lourdes, sans doute pour saluer le jeu du soleil avec le glacier, qui découvre enfin parcimonieusement son manteau lumineux, là-bas, tout au fond de la vallée.
La lumière du jour se fait maintenant plus présente, plongeant peu à peu le lac dans une nouvelle journée ensoleillée.
Tout au dessus du glacier, le ciel bleu et pur des Rocheuses prend à nouveau le pouvoir, tout en douceur.
Je savoure pleinement ma solitude, les senteurs lacustres du matin, la moiteur de la terre blonde du sentier imbibé d’une faible pluie nocturne, et les étranges craquements et chuchotements de la forêt toute proche…

ACTE 2 / 8h00 du matin

Les lourdes portes à tambours de l’hôtel Fairmont s’agitent.
Je ne perçois d’abord que vaguement le danger, au pied de la grande bâtisse, quelque chose comme une colonie d’insectes processionnaires qui s’avance inexorablement vers moi, véhiculant autour d’elle un bourdonnement progressif et lourd de menaces.
Puis, j’identifie rapidement l’envahisseur : Un opiniâtre bataillon de touristes japonais, d’une moyenne d’âge respectable, tous étonnamment armés individuellement d’un petit appareil photo, s’approche à pas lents et mesurés vers les berges du lac, sans porter le moindre regard dans ma direction, avec l’indécence et l’arrogance qui fait la force tranquille des touristes groupusculaires de toutes nationalités.

L’alerte est générale chez les tamias, qui disparaissent les uns après les autres et en l’espace de quelques minutes, dans les plus étroites anfractuosités des rochers…

Les touristes se rassemblent d’abord en grappe informe mais compacte, à quelques mètres du rivage, tournant tous le dos au lac et au glacier, ponctuant leurs moindres mouvements de rires forts et de petits cris acérés.
L’un après l’autre, avec l’organisation et la discipline qui fait souvent la force des Asiatiques, ils sortent alors du rang pour déposer leurs appareils photos au centre d’un cercle virtuel à une dizaine de mètres du groupe, juste devant eux, jusqu’à ce que tous ces petits prismes métalliques ou plastiques forment un amoncellement improbable, qui transforme un petit espace de la prairie en un surprenant étal de marché aux puces.
Puis le groupe va se figer à nouveau, dos au glacier…

Apparait alors leur grand maître !

Leur guide accompagnateur ? Le plus âgé ou le plus sage d’entre eux ? Le seul qui, à l’issue de longues heures de patience et de sagesse extrême-orientale, a appris à photographier un groupe entier de cinquante touristes sans en couper ni une tête, ni un pied, tout en conservant harmonieusement l’arrière plan montagnard et lacustre ?

Quelques bras se lèvent alors, les doigts en vé, comme en signe de victoire

Sans un mot, le maître photographe va successivement saisir l’un après l’autre tous les appareils posés au sol et immortaliser à chaque fois l’intégralité du groupe, pétrifié dans une même position rigide et ridicule,… afin que tous les membres du voyage, sans aucune exception, garde un souvenir impérissable et identique de cette belle journée canadienne

En les entendant rire et triompher à voix haute, je songe alors avec tristesse que si certains manifestent ainsi leur victoire, avec leurs deux doigts levés vers le ciel, c’est sans doute qu’ils ont compris que leur bataille contre le silence a été fulgurante, et que l’ennemi fragilisé n’a opposé, cette fois, aucune résistance.

Les féroces troupes du soleil levant ont à nouveau vaincu les tamias du matin calme…

ACTE 3 / 8h30 du matin

Se déversant des larges baies de l’hôtel, les vagues successives de touristes multicolores s’intensifient, tels autant de tsunamis dévastateurs, que seule la tombée du jour pourra, dans plusieurs heures, à nouveau ralentir.

 

Les tamias ont disparu…

 

Seuls les grands rapaces noirs continuent leurs lentes rondes circulaires à la verticale, feignant d’ignorer l’agitation croissante qui s’empare désormais de la maigre prairie  baignée de lumière qui fait face à l’hôtel, bien loin en dessous d’eux.

 

Les tamias sont-ils rentrés précipitamment dans leurs tanières, d’où ils n’en sortiront plus avant demain matin ?

Ont-ils préféré fuir vers les hauteurs, pour y retrouver des terrains de jeux plus propices à leur quiétude ?
Je me moque bien de la réponse. Je veux très vite effacer de ma mémoire cette ultime vision repoussante d’un bien triste parc d’attractions international et ne conserver du Lac Louise que l’image féerique d’un des ultimes paradis terrestres, dont j’ai le curieux sentiment d’avoir été le premier et dernier témoin de la journée qui commence.

 

Par solidarité écologique avec les petits tamias et sans même avoir eu le temps de leur dire « au revoir », je choisis donc sans une hésitation de quitter rapidement les lieux…

 

C’est décidé, je vais grimper beaucoup plus haut dans la montagne pour aller revoir mes amis les ours… car peut-être, eux, font-ils encore un peu peur aux cruelles armées japonaises !

 

Tamia_001_reduite_3

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 P.S. : ... Et moi qui déteste la photo animalière !

 

 Christian / écrit en MAI 2007

Par Christian G...
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Dimanche 4 février 2007 7 04 /02 /Fév /2007 19:08

- La seule énergie du rable, c’est celle du lapin, car elle contribue à la réduction de l’effet de cerf !

 

 - Comment peut-on accuser un cornac de maltraiter un animal sans défenses ?… Impossible, car avec un éléphant, l’argument ne tient pas !

 

- Conseil aux pêcheurs du dimanche : Le requin marteau et le poisson scie se pêchent traditionnellement à la caisse à outils, en appâtant avec des clous de tapissier... 

 

- On dit parfois "le loir est cher" mais il l'est beaucoup moins que le vison... C'est donc l'arbre qui cache le furet !

 

- S'il est bien un mammifère qui craint la grippe aviaire... c'est le cochon-dinde !

 

- Ne confiez jamais votre porte-monnaie à une girafe, car cet animal n'a jamais entendu parler de la réduction des cous...

 

- La seule différence entre l’Aï et le paresseux  c’est que le premier est encore plus fainéant que le deuxième, car il n’a même pas le courage d’écrire son nom en neuf lettres.

 

- Curieuse expression que "S'emm... comme un rat mort" alors qu'en fait c'est "S'emm... comme un rameur" qui est la vraie galère !

 

- Les Péruviens ont inventé la flûte de Paon car quand le Paon fait la roue, ça leur permet de descendre plus vite de leurs montagnes...  

 

- Dans un bateau, la superstition populaire veut que l'on ne prononce jamais le mot "lapin". Dites donc plutôt : "Je ne me souviens plus du nom de cet animal... je l'ai pourtant sur le bout des lièvres !"

Par Christian G...
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Vendredi 21 avril 2006 5 21 /04 /Avr /2006 23:00

PETITE CHRONIQUE ETHNOLOGIQUE ET AERONAUTIQUE DE LA CLASSE ECONOMIQUE

(Christian G. / Texte majoritairement autobiographique)

Edition 1 : Aout 2005 / Edition 2 : Octobre 2005

Pensée préliminaire et essentielle à la compréhension du texte suivant : "Une preuve évidente que les constructeurs d'avions sont de grands professionnels : ils ont le souci du bétail !..."

 

 

INTRODUCTION

 

Amis voyageurs,

 

Dans notre société moderne, aseptisée, pasteurisée et lyophilisée, ne laissant désormais que peu de place à l’aventure et à l’improvisation, le voyage en classe économique sur vols longs courriers internationaux reste une des dernières véritables expériences ethnologiques du début de ce siècle, aussi riche en émotions, et à peine moins dangereux, que la descente nocturne en pirogue d’un fleuve Amazonien.

Aussi, après plus de trente ans de périples internationaux, pendant lesquels j’ai déserté, plus que de coutume, la quiétude douillette de la classe affaires pour les contrées inhospitalières de la classe économique, je pense qu’il est temps pour moi de vous révéler les résultats de mes observations scientifiques, principalement opérées sur des peuplades particulièrement hostiles, rencontrées à intervalle régulier et au péril de ma vie, au gré de mes multiples voyages au sein de cette classe, par ailleurs de plus en plus mal fréquentée au fil des années. Puisse ce modeste témoignage vous aider à les identifier dès le décollage, afin d’en fuir au plus vite les terribles nuisances…

Cette nouvelle édition est corrigée des fautes de Saint Taxe (qui, pour ceux qui ne le sauraient pas, est simultanément le patron des grammairiens et celui du ministère des Finances) et enrichie du chapitre 5, sur une (excellente) idée de ceux de mes camarades qui voyagent plus fréquemment que moi sur les lignes du soleil levant.

 

 

Chapitre 1 : Nuisance énergétique : L’adolescente sur-vitaminée (ASV)

 

L’ASV, généralement envoyée en stage linguistique en Amérique latine ou en visite chez Tante Sophie, expatriée depuis trois ans à San Francisco, voyage pour la première fois en dehors de la tutelle de ses géniteurs.

Elle en ressent une légitime fierté, cette situation lui conférant temporairement le statut d’age adulte, donc le droit enfin reconnu par la société toute entière d’emm… à loisir son voisinage, sans se heurter en permanence aux remontrances de ses parents. Elle va donc largement profiter de l’occasion qui lui est offerte pour manifester sa condition de primate supérieur auprès de ses voisins de cabine .

 

L’ASV dispose au départ d’un avantage certain car, contrairement à toute personne physique normalement constituée, l’ASV ne dort jamais dans un avion.

Tout au long d’un vol de nuit de plus de dix heures, elle conserve la faculté de ricaner bêtement toutes les trois minutes devant le film américain de série B en version originale dont elle ne comprend pas la moitié des dialogues puis, dès la projection terminée, d’émettre à intervalle régulier des gloussements dindonnesques au contact quasi intime de sa console de jeux ou de son baladeur MP3.

 

L’ASV mâchonne pendant tout le voyage et y compris pendant les repas (!) un chewing-gum douteux qui produit dans un périmètre de cinq à dix mètres à la ronde une odeur pestilentielle de fraise génétiquement modifiée ou de chlorophylle frelatée qui en dit long sur le niveau désormais atteint par le lobby industriel américain pour laminer définitivement les valeurs fondamentales de notre jeunesse Occidentale.

 

L’ASV ne tient pas en place et s’agite perpétuellement, dans toutes les directions que lui permet encore, pour quelques courtes années, l’exceptionnelle souplesse de son corps d’enfant...

 

Personne ne sait vraiment d’où lui provient cette extraordinaire énergie. Lorsqu’elle se rassoit sur son siège (et c’est en général plusieurs fois par heure, compte tenu de son activité débordante) elle se rejette violemment en arrière de tout son poids sur son dossier, en n’oubliant pas d’actionner dans le même temps la commande d’inclinaison dudit dossier. Cette astucieuse synchronisation a pour effet de créer un séisme de magnitude 8 sur le plateau repas du voisin de derrière, qui rattrape in extremis son gobelet de café, une fraction de seconde avant de ressentir une douleur violente dans le sternum, attaqué de face et par surprise par le bord tranchant de sa tablette rabattable.

 

Aussi, après six à huit heures de vol insomniaque, tous les proches voisins de l’ASV n’ont alors plus qu’un seul rêve : Celui de se jeter sur elle pour la déshabiller violemment.

 

Pourquoi, me direz-vous, de pacifiques voyageurs pourraient-ils exercer autant de violence sur un être mineur, encore fragile et innocent ? Tout simplement dans l’espoir secret de découvrir, quelque part sur son corps d’être bionique, l’interrupteur caché qui mettra enfin un terme à cette débauche énergétique, et leur permettra de dormir au moins quelques minutes lors des trois heures qu’ils leur restent encore entre le survol de la Floride et l’atterrissage à Mexico City.

 

 

Chapitre 2 : Nuisance morphologique : L’obèse Américain

 

Peut on être obèse sans être Américain et vice-versa ?

La question n’est pas si simple et ne se pose probablement pas en ces termes. La suralimentation simultanée des moteurs à explosion et des peuples Occidentaux a généré depuis cinquante ans des populations d’obèses dans de nombreux pays du monde. Toutefois, ce qui distingue l’obèse Américain des autres obèses, en particulier Européens, c’est son obésité "circulaire". A la différence de l’obèse "standard", qui présente une panse proéminente s’intégrant aisément dans l’espace restreint situé sous la tablette rabattable destinée aux plateaux repas, sans présenter de risques majeurs pour ses voisins de cabine, et pouvant même lui procurer un certain confort d’amortissement en cas d’atterrissage violent, l’obèse Américain affiche avec fierté son obésité de manière également répartie aux quatre points cardinaux.

 

Ce constat traduit de manière évidente l’avantage décisif du Mac Donald aux hormones et du Coca-Cola transgénique sur la bière Allemande et le cassoulet au confit d’oie, et ce sujet mériterait, à n’en pas douter, l’attention prolongée des scientifiques diététiciens du monde entier.

 

Cette caractéristique morphologique exceptionnelle permet à l’obèse américain d’envelopper de sa graisse surabondante, non seulement l’espace situé devant lui, mais également les accoudoirs, qu’il devrait en toute logique partager équitablement avec ses deux voisins latéraux. Cette aptitude étrange l’apparente à certains héros improbables et gélatineux de science-fiction, dont le corps se modèle et s’adapte perpétuellement aux formes géométriques de leur environnement. .

A ce titre, on peut supposer que l’obèse américain a largement inspiré les scénaristes de la Guerre des Etoiles pour la création du personnage de Jabba le Hutt.

Se retrouver englué, sans aucune possibilité de mouvement, et cela dix heures durant, entre deux obèses Américains, reste, pour celui qui l’a vécu, une expérience humaine inoubliable, même si elle conduit fréquemment à des traumatismes psychologiques irréversibles chez les personnes sensibles.

Notons, toutefois, que les séquelles physiques liées à cette épreuve, qui s’avéraient parfois dramatiques il y a vingt ans, sont de nos jours de plus en plus rares. Soyons pour cela reconnaissants aux sympathiques stewards et hôtesses des compagnies aériennes modernes, qui ont appris les gestes qui sauvent, et qui sauront, dans la plupart des cas, déclencher à temps les masques à oxygène à votre attention, puis vous désincarcérer avec douceur, au pied de biche ou à la scie sauteuse, quelques minutes après l’atterrissage.

 

Chapitre 3 : Nuisance sociale : Le comité d’entreprise

 

Constitué d’une horde approximative et multicolore de quinze à trente individus, d’origine Française ou Auvergnate, les membres du Comité d’entreprise, même s’ils sont en général disséminés dans la cabine économique par les effets pervers du surbooking, de l’incompétence des agences de voyage ou de la réservation aléatoire par Internet, s’identifient aisément entre eux par un signe de ralliement, toujours du meilleur goût, qui les distingue immédiatement des autres passagers. Citons quelques exemples caractéristiques parmi tant d’autres : Casquette jaune comportant de manière ostensible le logo d’une grande marque d’apéritif anisé, énorme sticker rouge distribué à l’aéroport d’embarquement par la généreuse agence de voyages et collé en évidence sur la poitrine, ou, plus modestement, tee-shirt fluorescent, flocké la veille du départ d’inscriptions énigmatiques, dont le sens caché échappe aux non initiés (Exemple : « Bolivie 2003 / CE La Poste »).

 

 

Leur population se divise clairement en deux clans : Ceux qui prennent l’avion pour la première fois et qui, de ce fait, vont s’interdire de dormir pendant tout le voyage afin de profiter au mieux de ce moment unique de leur vie touristique, et ceux qui ont déjà pris l’avion au moins une fois auparavant et vont donc se faire un devoir de charité socialiste d’expliquer à leurs collègues néophytes (pardon…leurs camarades en formation) les règles élémentaires de l’aéronautique et du tourisme international.

 

 

Cette franche solidarité va initier un ballet sans interruption de plusieurs heures dans les allées de la cabine éco, mouvement brownien en comparaison duquel l’agitation d’une fourmilière par temps d’orage s’apparente à une nature morte. Quelques exemples de cette agitation surréaliste, choisis au hasard mais néanmoins représentatifs de ce cataclysme moderne :

- Roger, au siège 35F, allant régulièrement expliquer à Ginette au siège 28A à la verticale de quelle ville l’avion se trouve et pourquoi il y a des trous d’air. Cette dernière tâche étant éminemment ardue et nécessitant parfois plusieurs heures d’enseignement, dans la mesure où Ginette a toujours pensé, depuis la consommation de son premier Emmenthal, que les trous et l’air étaient composés du même matériau.

- Marcel, au siège 44B, se levant toutes les demi-heures pour aller immortaliser les uns après les autres tous les membres du CE, grâce à son appareil photo jetable doté d’un flash suffisamment puissant pour surprendre violemment dans leur sommeil tous les passagers des rangées voisines, délicatement assoupis depuis quelques minutes et ainsi brutalement ramenés à la dure réalité de la vie en économie collectiviste. (Au passage, un conseil de photographe expert : On devrait toujours jeter les appareils jetables avant de faire les photos et non après !)

- Gaston, le boute en train, navigant perpétuellement et sans fatigue apparente entre les rangs 18 (famille Bergougnoux) et 45 (Robert, le trésorier du CE) pour raconter ses habituelles histoires drôles, que tout le monde connaît depuis 1998 , en les ponctuant de grands éclats de rires qui ébranlent les racks à bagages, et qui lui ont assuré sa réputation de meilleur camarade de l’équipe, jusqu’à le rendre désormais indispensable à tout périple international du CE digne de ce nom.

 

 

Tout ceci crée une saine ambiance conviviale et festive au sein de l’avion dont profite largement l’ensemble des autres passagers. Ceux, d’ailleurs, qui ne voudraient pas en profiter sont automatiquement exclus du cercle intimiste de cette joyeuse confrérie et font rapidement l’objet des railleries les plus infâmantes, que nous éviterons de reproduire ici, par respect pour notre belle langue Française et par peur de la censure.

Il est à noter enfin qu’une des coutumes les plus traditionnelles des membres du CE est d’applaudir stupidement et frénétiquement tous ensemble dès que l’avion a touché le sol. Il s’agit probablement là d’une manifestation cabalistique sauvage, propre aux syndicats ouvriers, que mon manque d’expertise de ces sociétés secrètes ne me permet pas de vous expliquer avec plus de détails. Quel qu’en soit sa signification rituelle, ce signal est en général perçu avec un profond soulagement par tous les autres passagers qui comprennent dès cet instant qu’ils n’ont plus que quelques minutes à devoir supporter cette longue humiliation

 

 

IMPORTANT : Il s’avère malheureusement que d’autres groupes hostiles (Clubs du troisième age, Allemands en shorts au mois de Novembre, Japonais en vacances ne disposant que de six jours pour visiter quinze pays Européens,…), pourtant non apparentés à des comités d’entreprises, peuvent adopter des comportements dévastateurs très similaires à ceux précédemment décrits. Aussi, dans tous les cas, et par mesure élémentaire de sécurité, on recommandera fortement au voyageur soucieux de sa tranquillité, de rompre tout contact, dès le décollage, avec les groupes de touristes non clairement identifiés et de n’adresser exclusivement la parole qu’à des voyageurs isolés.

 

Chapitre 4 : Nuisance acoustique : Le gniard hurleur

 

Espèce endémique à la classe économique, le gniard hurleur (age moyen : un à quatre ans) émet des cris stridents à vous glacer le sang toutes les dix minutes tout en s’assurant à intervalle régulier par un habile coup d’œil circulaire, qu’aucun des passagers de la cabine ne parvient à dormir confortablement. Ses cris redoublent d’ailleurs de puissance s’il s’aperçoit qu’un passager plus résistant que les autres s’avise de fermer l’œil pendant plus de trois minutes consécutives L’analyse vibratoire des cris du gniard hurleur par une Université Américaine a mis en évidence, outre une intensité exceptionnelle dans les fréquences audibles, un large spectre de fréquences ultrasoniques, qui le classe définitivement parmi les espèces extra-terrestres.

 

Le gniard hurleur provoque l’insomnie et la panique générale chez tous les passagers de la cabine, excepté ses parents, qui paraissent toujours conserver une attitude calme et paisible, voire distante, face aux débordements démoniaques de leur progéniture.

 

Il apparaît, après une enquête approfondie, que ce courageux comportement est en fait conditionné par un apprentissage de résistance à la douleur prolongée, acquis avec patience lors d’un stage spécialisé de trois semaines, au sein d’un monastère bouddhiste reculé de l’Himalaya. (Formulaire d’inscription disponible sur le site Internet "jedoispascraquer.com)"

 

La concentration de gniards hurleurs varie, selon les vols, de un à trois par avion. Ces variations saisonnières sont assez logiquement corrélées aux habituelles périodes de reproduction de l‘espèce, plus connues sous le nom de congés payés.

On a cependant pu dénombrer, même si cela reste exceptionnel, jusqu’à six gniards hurleurs en période estivale sur certains vols vers l’Amérique du Nord.

En forte concentration, l’instinct collectif et solidaire des gniards hurleurs leur permet de hurler à tour de rôle, ce qui facilite la constance de leur nocivité sans accroître pour autant leur fatigue respective.

 

Cette stratégie est particulièrement efficace pour s’attaquer à des vols d’une durée supérieure à huit heures. Certaines catastrophes aériennes récentes encore inexpliquées pourraient ainsi trouver leur origine dans une concentration surabondante de gniards hurleurs, ayant progressivement poussé au suicide la totalité des membres d’équipage pendant le survol de l’Atlantique Nord.

 

Phénomène étrange : Sa pollution sonore cesse miraculeusement dès lors que le gniard hurleur franchit le seuil de la classe affaires ou lorsqu’il quitte l’avion… Aucun scientifique crédible n’a pourtant réussi à ce jour à expliquer cette fascinante énigme de la zoologie aéronautique.

 

Malgré son exceptionnel pouvoir de nuisance, le gniard hurleur reste néanmoins protégé par la Convention de Genève, qui régit le traitement des prisonniers de guerre pour l’ensemble des conflits armés internationaux.

Par conséquent, son abattage sans sommation dans les deux heures qui suivent le décollage est fortement déconseillé car cet acte, bien que de légitime défense, est, à quelques exceptions près, passible de lourdes poursuites judiciaires.

 

Dommage…

 

Chapitre 5 : Nuisance exotique : Le Chinois voyageur.

 

 Le Chinois voyageur est une espèce nouvelle, logique conséquence de la mondialisation de l’économie, apparue depuis une dizaine d’années à bord des aéronefs, en concentration préférentielle sur les compagnies aériennes Extrême-orientales car il voue une haine profonde au rôti de veau - purée et à la paella Valenciana.

 

 

Le Chinois dort peu, travaille beaucoup, ne conteste pas les ordres, et se contente d’une rémunération dérisoire en comparaison de ses heures travaillées. Il est donc logique qu’il ait intéressé très tôt les entreprises multinationales qui peuvent ainsi lui confier à bas coût la fabrication des consoles de jeu destinées à lobotomiser à grande échelle les adolescentes sur vitaminées dont nous avons parlé plus haut.

 En favorisant ce lucratif échange "culturel" Est - Ouest, ces multinationales assurent ainsi aisément, et sans doute encore pour plusieurs siècles, leur domination totale sur le monde dit "civilisé".

 

 

Au sein d’un avion, le Chinois voyageur s’ennuie profondément en classe économique  où l’exiguïté de l’espace ne lui permet pas de travailler, ce qui est pourtant son unique véritable loisir.

Comme le Chinois dort peu, il s’adonne alors consciencieusement à trois activités principales : le déplacement transversal (activité prédestinée quand on appartient à l’Empire du milieu), le bavardage à haute voix avec ses compatriotes, et l’absorption de ses nourritures favorites.

- Côté déplacement transversal, le Chinois éprouve visiblement un plaisir presque sadique à piétiner sans vergogne les jambes allongées de ses voisins de rangée. Cette habitude, sans doute héritée des plus ancestraux supplices Chinois, devra vous encourager  à éviter absolument les effets dévastateurs et quasi permanents du Chinois dit « côté hublot »

- Côté bavardage avec ses compatriotes, si la langue Chinoise s’écrit en délicieux idéogrammes, dont l’esthétique calligraphie n’échappera à personne et fait encore aujourd’hui le succès des meilleures galeries d’art du seizième arrondissement, malheureusement, et a contrario, cette langue ne se parle pas avec le même bonheur : Elle s’explose approximativement en rafales aléatoires et grinçantes, un peu telle une mitrailleuse anti-chars spasmodiquement enrayée en plein tir sous l’effet de la corrosion marine !

En conséquence directe, toute conversation simultanée, et en général à voix haute, de plus de trois Chinois voyageurs est à même de couvrir presque intégralement le bruit puissant des quatre réacteurs d’un Airbus A340, lancés à plein régime.

- Côté régime justement, lorsque le Chinois s’immobilise pour quelques minutes sur son siège, il ingurgite avec une délectation qui frise l’inconscience, tout en l’accompagnant de bruits de déglutition apocalyptiques, ces fameuses soupes Asiatiques déshydratées dont l’odeur quand on les mange et quand on les vomit est à peu près similaire, ce qui laisserait supposer qu’elles sont originellement composées, à parts égales, de sucs gastriques et d’aliments prédigérés.

Cette nutritive activité assure au sein de la cabine la diffusion uniforme d’un aérosol de miasmes putrides dont on peut légitimement craindre les effets pervers, assez proches de ceux des gaz de combat, sur la santé du voyageur Européen normalement constitué (…ce qui confirme la vive opposition des Chinois à la constitution Européenne).

 

 

Ainsi, grâce à ses trois occupations favorites, le Chinois voyageur, malgré sa morphologie plutôt ordinaire, voire insignifiante, peut occuper, avec un égal talent, la totalité des espaces matériel, sonore et olfactif de la cabine et vous assure, dès l’embarquement à Paris une immersion quasi parfaite dans l’atmosphère grouillante des marchés de Mongolie Intérieure. 

 

 

Il est toutefois difficile de lui en tenir rigueur…

 

En effet, le Chinois est passé, en l’espace d’un siècle, de la société impériale et sans merci des Mandarins, à l’enfer rouge et collectiviste du Maoïsme, puis à la production industrielle en très grande série de jouets en plastique fluorescent et de théières émaillées à motif floral, désormais en vente partout à moins de 2 Euros, toutes taxes comprises, jusque dans les endroits les plus reculés de la planète.

Victime d’autant de violents traumatismes successifs en un temps aussi bref, il n’est donc pas étonnant qu’il ait au passage raté quelques étapes de l’éducation de base, centrée sur le respect de ses voisins, que requiert habituellement toute vie paisible en sociétè

 

 

ANNEXE 1 (BIBLIOGRAPHIQUE) : Des témoignages de l’histoire

 

« Le vrai sage médite rarement en classe éco »

Confucius (485 avant JC)

 

« Honnie soye la classe éco, qui ne promoit point le repos »

Epitaphe de la tombe d’un voyageur anonyme du onzième siècle.

Abbaye de Glenfiddich (Ecosse)

 

« La prochaine fois, je viendrai à cheval »

Attribué par Saladin à Saint-Louis lors de sa descente du vol Crusadair Paris-Constantinople en juillet 1254

 

« Ce que j’ai fait, aucune bête ne l’aurait fait »

Henri Guillaumet (après son dramatique survol des Andes en classe éco, en Juin 1930)

 

 

ANNEXE 2 (Gastronomique)

 

« On doit reconnaître que les vignerons du Sud - Ouest ont fait beaucoup de progrès ces dix dernières années. Par chance pour le maintien du plein emploi en Languedoc-Roussillon, ceux qui n’en ont pas encore fait ont toujours la possibilité d’écouler leur production en toute impunité sur Air France en classe économique »

Les acides - Collection « La chimie à la portée de tous » 2005

 

Par Christian G... - Publié dans : Voyages
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